Les couverts, moteurs d'amélioration pour les sols
Après les moissons vient le temps des couverts. Les voir comme une obligation réglementaire serait une erreur, tant ils constituent de vrais moteurs d’amélioration pour les sols ! Grâce à eux, on limite l’érosion et les coulées de boue. On améliore la gestion de l’eau, on piège l’azote de l’air, on limite la prolifération des adventices, on améliore la vie, la fertilité et la structure du sol, on réduit la pression des maladies et des ravageurs. On peut réduire le travail du sol en semant en direct dans le couvert écrasé ou détruit chimiquement. Enfin, on peut même les faire pâturer par des ovins et des bovins pour un apport de nourriture bienvenu en hiver.
La clé d’un couvert réussi ? Mélanger au moins quatre familles de plantes (légumineuses, graminées, linacées, brassicacées, astéracées, notamment) au lieu d’opter pour un couvert pur. Par exemple, sur un mélange semé à 70 kg/ha, on peut opter pour 25 kg de féverole (légumineuse), 5 kg de trèfle d’Alexandrie (légumineuse), 25 kg d’avoine de printemps (graminée), 3 kg de phacélie (phaceliacée), 2 kg de radis chinois (brassicacée) et 10 kg de tournesol (astéracée).
Au-delà de l’assurance de réussir son couvert même si une espèce ne se développe pas bien, les différentes familles de plantes se complètent et agissent à plusieurs niveaux. Plusieurs espèces, ce sont plusieurs types de systèmes racinaires, avec une meilleure colonisation du volume du sol et donc une amélioration de sa structure. C’est tout profit pour la biodiversité microbienne car, plus il y a de familles végétales différentes, plus il y a d’espèces de bactéries symbiotiques actives, dont certaines étaient ‘endormies’ depuis très longtemps. Plus il y a de diversité de bactéries symbiotiques, plus elles rendent collectivement des services aux cultures. Elles protègent par exemple les cultures qui suivent les couverts dans la rotation vis-à-vis des pathogènes et même vis-à-vis des ravageurs. Avec un couvert diversifié, on favorise aussi le réseau de champignons mycorhiziens qui s’allient aux plantes et leur fournissent de l’eau, du phosphore et d’autres nutriments. Attention toutefois à bien prendre soin de ces champignons mycorhiziens, car ils détestent le travail intensif du sol et les excès d’engrais inorganiques solubles.
Pas convaincu par cette liste d’arguments ? Alors, regardons directement dans votre portefeuille… En intégrant efficacement des couverts végétaux diversifiés à base de légumineuses dans votre rotation, vous pouvez économiser au minimum 6000 euros en engrais dans une ferme de 100 hectares (sur base de 40 UN/ha et d’un prix d’1,5 euros par unité d’azote) ! Plutôt pas mal, non ?